janvier 25, 2020

l’économie Gabonaise

Le Gabon est un Etat de l’Afrique centrale, ouvert sur l’océan Atlantique. Pays peu peuplé, seulement 2 000 00 habitants (1) pour 268 000 km2, le Gabon bénéficie pourtant d’un climat équatorial chaud et humide.

Il est recouvert par une forêt dense qui occupe 85% de son territoire, et dont l’exploitation constitue une ressource importante, à côté des industries extractives telles que celles de l’uranium, du manganèse, du fer et surtout du pétrole.

Au début du XIX ème siècle les Européens pratiquent la traite des Noirs en même temps que le commerce de l’ivoire et de l’ébène. Toutefois, les esclaves libérés fondent Libreville (la capitale) en 1849 et, en 1960, la République Gabonaise accède à l’indépendance, elle n’est donc plus une colonie française.

 Après que le Gabon eut été incorporé dans l’Afrique-Équatoriale française en 1910. Les exploitations de bois, première production de l’époque, sont d’abord cantonnées aux abords des cours d’eau qui, seuls, en l’absence de routes, permettent l’acheminement des grumes par flottage. La mécanisation, notamment après la seconde guerre mondiale, permet ensuite d’exploiter des zones plus éloignées des fleuves (2). Le colonisateur français pratique quelques aménagements, notamment la construction de routes et la création de zones d’agriculture de rente (cacao, café, caoutchouc…(3)).

Les premiers gisements de pétrole sont identifiés dès 1929 mais l’exploitation ne commence effectivement qu’au milieu des années 1950 (4).

L’uranium est exploité à partir de 1958 (5) et le manganèse à partir de 1962 (6).

À la fin des années 1960, le pétrole surpasse la part du bois dans l’économie, quoique le pays reste au xxie siècle (7) le premier exportateur mondial d’okoumé (8).

Un peu après l’indépendance de 1960 le profil économique du Gabon est tracé avec la prépondérance du pétrole, du bois, du manganèse, et, jusqu’à la fin des années 1990, de l’uranium; il ne changera que peu jusqu’aux débuts du xxie siècle.

Un pays à revenus « intermédiaires« 

Le Gabon fait partie des pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure. Cinquième producteur  de pétrole d’Afrique, il a enregistré une forte croissance économique au cours de la décennie passée, mais ces dernières années, le pays est confronté au déclin des réserves pétrolières. Les autorités ont donc décidé de diversifier leur économie.

Grâce au pétrole et à la faible population, le pouvoir d’achat moyen gabonais est, historiquement, très sensiblement supérieur à celui des pays d’Afrique subsaharienne.

 C’est le deuxième pays d’Afrique continentale quant au revenu par habitant, après la Guinée équatoriale (9) ; néanmoins l’inégalité dans la répartition des richesses fait que presque un tiers de la population est considérée comme atteinte par la pauvreté(10). « Le taux de chômage est préoccupant, estimé au-delà des 20 % et les jeunes chômeurs représenteraient 60 % de la population au chômage(11). »

En 2014, la dette extérieure gabonaise s’élève à 3,8 milliards de dollars américains ; la dette publique globale représente environ 22,5 % du PIB(12), ce qui est un endettement modéré.

 En 2014, « au niveau régional, le Gabon respecte les quatre critères de convergence fixés par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) dans le cadre de la surveillance multilatérale des économies de la zone, à savoir : le respect du ratio d’endettement par rapport au PIB, le solde du déficit budgétaire, le paiement des arriérés de la dette, et l’encadrement du taux d’inflation(13). »

Cependant, pour ce qui concerne la population, le Gabon est confronté au paradoxe socio-économique d’appartenir de par son PIB par tête au groupe des Pays à Revenus Intermédiaires (PRI) tout en s’apparentant de par ses indicateurs sociaux au groupe des Pays les moins avancés (PMA)(14). »

Des perspectives économiques

Le Gabon considère qu’il est essentiel pour sa stratégie de développement de viser une transformation structurelle de son économie. C’est pourquoi il a encouragé la transformation locale de bois, de l’huile de palme et du manganèse, élevant ainsi la contribution de son secteur manufacturier à 10% du PIB en 2017 contre 6% en 2012 (15).

Le secteur du bois et les industries associées contribuent au PIB à hauteur de 4 % en 2013(16). En termes d’emploi, le secteur représente presque un tiers des emplois salariés au Gabon.

La forêt couvre environ 85 % de la surface du pays(17) et une soixantaine d’essences de bois présentent un intérêt commercial. Parmi celles-ci l’okoumé domine très largement suivi de l’ozigo.

On distingue typiquement trois zones de production. La première se trouve à proximité des cours d’eau et sur la frange côtière ce qui permet l’évacuation des billes de bois par flottage vers les ports de Libreville et Port-Gentil.

La seconde zone est celle qui nécessite l’utilisation des camions grumiers pour les chantiers forestiers à l’intérieur des terres. La production de la seconde zone utilise aussi depuis la fin des années 1980 le transgabonais, l’unique ligne de chemin de fer du pays(18). Cette ligne mis en service en 1978, mesure 669 km et relie Owando à Franceville.

 La troisième zone, essentiellement au centre-est du pays, n’est que très peu exploitée car elle est difficilement pénétrable et elle présente une plus grande variété d’essences au regard de forêts beaucoup plus concentrées en essences commercialisables (peuplements mono-dominants d’okoumé dans les forêts du bassin côtier)(19).

Économiquement, la filière a longtemps été organisée autour d’un pôle de production aux mains de sociétés françaises, et d’un pôle de commercialisation incarné par la SNBG, Société Nationale des Bois du Gabon, qui a détenu le monopole de l’exportation d’okoumé et d’ozigo jusqu’à la fin de l’année 2005.

Sous la pression du FMI, l’État Gabonais a dû procéder à la restructuration de cette entreprise et, le 1er janvier 2006, la SNBG est entrée dans l’environnement concurrentiel du marché du bois(20).

La production a fortement régressée entre 2009 et 2013, elle s’établit à 1,6 million de m3 en 2013 contre 3 millions de m3 en 2009. Le marché s’est aussi fortement réorienté.

La Chine, qui en 2008, était de loin le premier client, a notablement ralenti ses achats. En conséquence, en 2012, 42 % des produits sont vendus en Europe, 36 % sont exportés en Asie et 22 % en Afrique et Amérique(21).

D’un point de vue écologique, à la différence de nombreux autres pays d’Afrique, le couvert forestier du Gabon est stable depuis plus de vingt ans(22).

L’agriculture aussi joue un rôle dans le système économique Gabonais.

Le climat et la disponibilité en eau donnent au pays un potentiel cultural élevé ; néanmoins l’agriculture gabonaise est très peu développée, constituée essentiellement de cultures vivrières itinérantes destinées à l’autoconsommation : manioc et banane plantain en premier lieu, mais aussi taro et  (23).

L’hyper-concentration des populations à Libreville (qui accueille la moitié des habitants du pays), Port-Gentil et Franceville-Moanda-Mounana est alimentée par l’exode rural avec comme conséquence le fait que les zones agricoles du pays sont les plus pauvres et qu’elles se vident de leur population(24).

 Le développement de l’agriculture est un des engagements du gouvernement dans le cadre de sa politique économique(25).

L’Agence Nationale de Promotion des Investissements du Gabon (ANPI-Gabon), créée en septembre 2014, a pour but d’assister le gouvernement dans la mise en œuvre de sa politique en matière de formalisation et de développement des entreprises, de promotion des investissements et des exportations, d’appui et de promotion à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes et d’appui à la mise en place des partenariats public-privé.

Le Gabon est considéré comme un des fleurons de la Françafrique, pour des raisons politiques (notamment de défense) et économiques, et quoique les gabonais soient peu nombreux, ils doivent améliorer leur politique sociale quant aux populations vulnérables ou démunies et réduire les inégalités d’accès aux services publics.

Notes et références :

1) Recensement de 2017

2) Gardinier et Yates, 2006

3) Gardinier et Yates, 2006

4) Gardinier et Yates, 2006

5) Gardinier et Yates, 2006

6) Gardinier et Yates, 2006

7) Présentation des pays – Gabon-  Forrest Monitor, 2006

8) Gardinier et Yates, 2006

9) Banque Mondiale

10) CIA World Factbook

11) BAD 2011-2015

12) « Situation économique et financière du Gabon en2014 », Ministère des Finances et des comptes Publics

13) Perspectives économiques

14) PSGE

15) Perspectives économiques en Afrique, PEA, 2019

16) Perspectives économiques en Afrique, PEA, 2019

17) « Surfaces Forestières », Banque Mondiale, 2012

18) Gardinier et Yates, 2006

19) Peyrot, 2008

20) Gardinier et Yates, 2006

21) « Les enjeux par secteur – le bois », Présidence du Gabon

22) Wilks,   1990

23) Gabon pao.org

24) Montangou, 2013

25) PSGE, p 16

Monaco Resources Group is a global organisation specialising in natural resources. Our asset base is highly diversified and spans metals & minerals, agribusiness, energy, infrastructure, logistics and finance & investments. Headquartered in Monaco and with key offices in London and Luxembourg, the group operates in over 50 countries and employs more than five thousand people.
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